L'investissement des catholiques de France

L'investissement des catholiques de France

" Ce n'est pas nouveau que les religions veuillent prendre la main sur la vie des gens à travers l'école, les clubs sportifs, tout un tas d'organisations. Cela a existé à d'autres époques, en France massivement avec la religion catholique. "

Cette déclaration du député LREM, François de Rugy, président de la commission spéciale chargée d’étudier le texte visant à conforter le respect des principes de la République, n’est pas passé inaperçue dans la cathosphère. Alors que nos représentants politiques étaient censés présenter un projet de loi nous protégeant de l’islamisme, les catholiques continuent d’être la cible préférée de certains parlementaires.

Dans un contexte où la France perd de plus en plus ses repères chrétiens – représentés notamment par des politiques qui ont la mémoire courte – il est bon de rappeler la place de l’Eglise et des associations catholiques dans notre pays.

 

L’Eglise Catholique a-t-elle vraiment mis la main sur la vie des gens à travers les écoles, clubs sportifs et tout un tas d’organisation ?

Ne mordons pas la main qui nous a nourris, l’Eglise a tout d’abord comblé un manque dans la société, et n’a pris la place de personne. Elle s’occupait de l’enseignement, des clubs sportifs ainsi que de toute l’aide à la pauvreté et à la santé à travers les hôpitaux. À savoir que l’Eglise catholique est l’institution qui compte le plus d’œuvres caritatives au monde, est-ce pour « prendre la main sur la vie des gens » comme le suggère M. De Rugy ? Par ailleurs, autrefois, les français étaient très majoritairement catholiques, de ce fait cette accusation perd tout son sens.

 

La place de l’Eglise en France

« Il existe une trame commune entre le christianisme et la fondation de la France. Il est impossible de séparer les fils de la tapisserie sans tout couper. Le catholicisme est la matrice de la France » témoigne François Huguenin dans son ouvrage Les Grandes Figures catholiques de la France. Et pour cause, depuis le baptême de Clovis 1er, le Royaume épousa la religion catholique à l’issue de la bataille gagnée contre les Alamans d’outre-Rhin. La France est chrétienne. Depuis ces temps anciens, clergé et souverains qui se succédèrent sur le trône durant des siècles furent très souvent alliés. Au Moyen Âge, l’Eglise rythme la vie des hommes, de leur baptême à leur mort. Elle organise la charité, de la nourriture est régulièrement distribuée aux pauvres par le clergé. Les hôtelleries des monastères ont accueilli nombre de pèlerins, de malades et de blessés. L’Eglise s’est alors chargée de l’enseignement, à travers les moines et les prêtres. A partir du 10ème siècle, elle établit des règles pour limiter la violence des laïcs, et interdit les combats, en particulier les jours de fêtes. Au Moyen Âge, toutes les fêtes sont religieuses. L’histoire démontre que l’Eglise a joué un rôle central dans l’évolution de la France, de la constitution du royaume, jusqu’à la Révolution. Toutefois, malgré la Révolution et le concordat, selon Jacques-Olivier Boudon, « l’Etat a pu utiliser le catholicisme, avec son clergé structuré, comme garante de l’ordre social. » et ce jusqu’aux prémices de la IIIème République. L’Eglise a alors accompagné l’histoire de France de la féodalité aux temps modernes.

 

Quels rôles jouent les associations catholiques en France ?

Les français n’ont pas chômé, et pour cause, le nombre d’associations caritatives catholiques en France a explosé. « Pour nous chrétiens, Dieu lui-même est la fontaine de la charité, et une charité qui n’est pas seulement de la philanthropie, mais le don de soi, jusqu’au sacrifice de sa propre vie », nous déclarait le cardinal Robert Sarah. À l’image de l’Eglise qui jouait autrefois un rôle très maternel avec les français, les catholiques se sont retroussés les manches afin de subvenir aux besoins des plus démunis, des plus souffrants. En effet, dans son encyclique Caritas in Veritate (2009), le Pape émérite Benoit XVI incitait les associations caritatives catholiques à aller à la rencontre des plus pauvres autant avec leur bâton de pèlerin qu’avec leurs soupes et leurs cuillères. Les français n’ont bien sûr pas attendu de telles déclarations pour sortir dans la rue, mais celles-ci encouragent les plus tièdes. Par ailleurs, 1/5ème des dons des français étaient destinés au Secours Catholique en 2010, soit 62,8 millions d’euros. A titre d’exemple, le Secours Catholique a accueilli 1 347 500 personnes en 2018, dont 631 000 enfants, 52% sont des familles avec des enfants et 39% sont des mères isolées, le reste étant des personnes âgées. Ce n’est qu’une association parmi tant d’autres qui œuvrent pour le bien commun.

Dans notre société où la place des associations cultuelles est primordiale à l’équilibre social, le nouveau projet de loi visant à conforter le respect des principes de la République vient leur barrer la route avec un képi et un sifflet en bouche. Ces associations qui ont tant apporté seront désormais soumises à l’autorisation des préfets, qui pourront désormais restreindre leurs activités s’ils les jugent contraires aux valeurs de l’Etat. Dans un contexte plus mondial, une ONG religieuse sur deux affiliées aux Nations unies est chrétienne, et la majorité de ces dernières aident tout le monde sans distinction de religion. Il est aussi rapporté d’après une étude menée en 1953, que les ONG religieuses auraient donné 90% de l’aide apportée après la Seconde Guerre mondiale, et d’après William Headley du Catholic Relief Services, un tiers des malades du Sida dans le monde sont soignés avec l’aide de l’Eglise Catholique.

Que vous soyez de gauche ou de droite, conservateur ou progressiste, il n’est pas envisageable de négliger toutes ces institutions qui ont fait tant de bien à notre nation.